Marins désarmés
En librairie le 12 mars 2026 – en précommande dès maintenant sur notre site.
Dans ces poèmes portuaires d’Alecia McKenzie, comme dans The Rime of the Ancient Mariner de Samuel Taylor Coleridge, il est un meurtre primordial qui fait de l’Atlantique un récit et du voyage une quête de rédemption. Des grands ports européens dont le passé sommeille dans l’oubli et les commémorations faciles, des vieilles routes maritimes empruntées à contresens surgissent ossements, râles et gémissements du fond de la cale. C’est la conscience des « albatrossés », la complainte des marins désarmés voguant d’une rive à l’autre à travers les siècles qui s’entremêle à la voix individuelle de la poète, à son expérience de l’exil, solitude emplie des proches que l’on emmène et des souvenirs que l’on emporte. Le livre est proposé dans un format bilingue qui permet de découvrir la prosodie originale de la version anglaise.
Et nous naviguions contre le vent,
dans la nuit éclairée par la lune,
pleurant nos proches laissés loin derrière,
déjà, plus aucune terre en vue,
j’ai regardé en bas et aperçu
juste sous la surface
les formes de tous ceux effacés
au cours des siècles de traversées,
capturés à jamais parmi
les remous et l’agitation qui fait vomir.
As we pushed against the wind,
sailing through the moonlit night,
mourning kin left far behind,
soon, no landmass in sight,
I gazed down and glimpsed
just beneath the surface
the shapes of those eclipsed
in centuries of earlier crossings,
captured forever amidst
the vomit-inducing tossing.
Née à Kingston, Alecia McKenzie est une écrivaine, éditrice et peintre jamaïcaine qui vit entre Bruxelles et Paris. Elle est l’autrice de plusieurs ouvrages primés, dont le roman Trésor qui a reçu le Prix Carbet des lycéens en 2017, et de nouvelles qui ont été publiées dans de nombreuses revues ou anthologies et traduites en plusieurs langues. Marins désarmés, paru à Lisbonne en version bilingue anglais/portugais en 2024, est son premier recueil de poésie.
UN MONUMENT DE LA LITTÉRATURE HAÏTIENNE
Ces îles qui marchent
En librairie et sur notre site.
Paru à Port-au-Prince en 1969, puis réédité en 1992 par les éditions Mémoire avant qu’elles ne déménagent au Québec et ne deviennent les éditions Mémoire d’encrier, Ces îles qui marchent est un long poème constitué de quatre chants.
Le premier est celui du retour du poète, « celui qui s’en alla un jour et puis est revenu » – à son île (malgré la dictature de Duvalier). Fête des retrouvailles qui devient épopée du peuple d’Haïti depuis le temps des caciquats taïnos jusqu’à la glorieuse indépendance, amour dit au pays et à son peuple, à l’île tout entière sur les deux bords de la frontière.
Le second est mémoire du voyage au « pays de haute neige, cette terre où pleurent les conifères sous la morsure des cieux en chaîne », lettre à une Hélène que le poète quitte « malgré les fastes de ses nuits », mots pour les amis restés sous le « grand soleil patibulaire ».
Le troisième chant est une ode à la Caraïbe, ensemble riche de sa nuée d’« îles nues », d’« îles exilées tam-tamant le ciel pour une quête d’ondée pure ».
Le quatrième et dernier chant est une envolée vers « le temps de la rosée chantante », une chanson par laquelle le poète célèbre sa terre et, à partir d’elle et avec elle, se projette vers les beaux lendemains :
« Ô terre ma terre […] je voudrais être l’homme de tes sauts
l’homme nouveau de tes gestes nouvelles
l’homme entier debout dans ta germination de bras
de projets de cœurs de pancartes »
L’ensemble forme une œuvre merveilleuse, foisonnante de procédés stylistiques, qui chante l’amour et la révolte, fait vœu d’abondance pour l’humanité, vœu de résurrection pour son île.
« C’est le plus beau cadeau que la Littérature a fait à Haïti. »
Membre fondateur du groupe Haïti littéraire, René Philoctète (1932-1995) fut également, avec Jean-Claude Fignolé et Frankétienne, le cofondateur du Spiralisme.
Auteur d’une vaste oeuvre poétique, de romans, de nouvelles et de pièces de théâtre, il est unanimement considéré comme l’un des écrivains majeurs de la littérature haïtienne du vingtième siècle.
Panoptica americana
En librairie – Rencontres en Europe en février, avril et juillet 2026
15,00€
Trois chants parallèles sur les Amériques qui, ne se croisant jamais, intiment à la lecture de tracer son propre chemin d’un texte à l’autre, de construire comme bon lui semble des ponts aléatoires et mouvants entre eux.
Cantique hors du temps aux Orixás, carnet de voyage et histoire des projets de déportations intracontinentales ; Panoptica Americana tisse une poésie polyphonique où s’entremêlent le sacré et le profane, l’intime et le politique.
La parole poétique se penche sur ce qui passe et sur ce qui demeure de la violence de la colonisation comme de la beauté du monde.
La Nuit juste avant le feu
Déjà en librairie et toujours en tournée
La Nuit juste avant le feu, c’est la longue et unique phrase du monologue délirant d’un type à la peau noire-bleue qui en hèle un autre dans la rue d’une grande ville d’Europe.
À partir de la pièce de Bernard-Marie Koltès, La Nuit juste avant les forêts (Éditions de Minuit, 1977), Olivier Marboeuf crée un autre texte dans lequel l’écho des révoltes passées enfante les insurrections futures. La prochaine fois, l’émeute.
«… nos monuments sont partout,
absolument partout,
au fond de la mer
et dans les quartiers sans lumière
où gémit le Rabòday,
sur les murs défoncés de Pointe-à-Pitre…
les femmes folles à la peau noircie de sucre
qui errent
en racontant des histoires à dormir debout
sur la savane de Fort-de-France,
ce sont nos monuments,
les vieilles transformées en loup-garou aussi,
les mecs en ruine, la peau brûlée par le sel,
qui répètent toujours le même poème,
ce sont nos monuments…»
10,00€







