Rentrée 2026
Mille sortes de bleu
En librairie le 10 septembre 2026.
Mille sortes de bleu rassemble deux longs poèmes traversés par la mémoire traumatique d’une famille dispersée. Des histoires de femmes folles qui savent tout et n’oublient rien. Des histoires de femmes perdues à la surface de rêves liquides. La mère, la tante, la sœur, l’ancêtre et la mauvaise fille hantent cette Caraïbe submergée. Le monde est bleu, la tête en bas. Les morts font carnaval dans les bourgs et les gangsters flottent dans l’eau grise d’une mangrove sous l’œil brillant des grands gosiers. Non sans humour, Olivier Marboeuf fait de nouveau son cinéma dans notre tête avec cet art de la pawòl maké dont il a le secret. Sa langue poétique, aiguisée comme une machette, fabrique un refuge, un monument vivant à toutes celles qui refusent de disparaître.
De ce livre de parole, l’auteur fait aussi l’espace d’une nouvelle fresque dessinée, écho des cartographies bleu outremer qui l’ont rendu célèbre. Partition pour un monde englouti, archive entrelacée des vivants et des morts, Mille sortes de bleu invente un langage hybride pour témoigner des résistances à l’oubli d’un peuple né au milieu de l’océan.
Le problème
bleu
en quelque sorte
c’est que
je me rappelle de tout
tu vois
Et alors je projette
des images en boucle
dans la tête des gens
un cinéma
Atlantique(s) noir(s) – En cheminant avec Paul Gilroy
En librairie le 10 septembre 2026.
« L’Atlantique noir » s’est aujourd’hui imposé comme un référent central dans les recherches et les manifestations culturelles sur les diasporas noires. Si la formule a de quoi séduire, on oublie parfois qu’elle s’ancre dans un cadre interprétatif aussi puissant que complexe, forgé il y a près de trente ans par Paul Gilroy.
Cet ouvrage collectif interroge sa réception, son itinéraire et son actualité au sein des sciences sociales francophones, longtemps demeurées hermétiques au modèle proposé par le sociologue britannique. Il réunit des chercheur·es dont les travaux ont été marqués par cette proposition théorique d’une culture diasporique hybride et mouvante ; contre-culture de la modernité, forgée par l’expérience et la mémoire de la violence de l’esclavage et de la colonisation, qui « transcende les structures de l’État-nation ».
À travers des approches variées, et sous une forme qui mêle terrain, théorie et témoignages réflexifs, leurs contributions explorent l’impact du concept sur les études des diasporas afrodescendantes, des sociétés post-esclavagistes et des circulations atlantiques. En questionnant la place de l’Afrique et des expériences latino-américaines ou caribéennes dans ce paradigme, l’ouvrage invite à « donner toute son épaisseur à l’Atlantique noir » et rappelle sa puissante fécondité.
20,00€
Mille sortes de bleu – Édition limitée
En librairie le 10 septembre 2026.
L’édition limitée de Mille sortes de bleu comprend le livre agrémenté d’une œuvre inédite tirée à part, numérotée et signée par l’artiste. Elle est imprimée en Pantone bleu, sur papier Munken 300 g au format 14 x 20 cm.
Édition limitée à 200 exemplaires, vendue uniquement sur le site et lors des rencontres publiques en présence de l’artiste.
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25,00€
UN MONUMENT DE LA LITTÉRATURE MARTINIQUAISE
L’Hidalgo des campêches
Déjà en librairie.
Publié en 1987 par les éditions Hatier, dans la collection « Monde noir poche », épuisé depuis de longues années, L’Hidalgo des campêches est un long chant poétique divisé en une vingtaine de poèmes.
La poésie déploie en vers libres, parfois en prose, un imaginaire riche de toute la flore, de toute la faune, de toute la géographie de la Caraïbe. Imprégné de toutes ses musiques aussi ainsi que du créole et de l’espagnol qui viennent épauler la langue française.
Parsemain sème une parole merveilleuse où le divin se trouve dans la Nature et la noblesse dans le cœur de l’humanité modeste.
La présente réédition offre à de nouvelles générations de lecteur·rices le bonheur de lire un chef d’œuvre de la littérature caribéenne et mondiale dans une version remaniée par l’auteur.
Sera l’Hidalgo des campêches…
… celui qui possède tous les chevaux mais ne les compte pas
Ses chemins se perdent dans la craquelure du Sud,
au revers des mangroves et savanes sèches.
Ses palais de paille et rouillures bringuebalent au
gré des vents chroniqueurs du monde,
Vents d’effluves et rumeurs de rives lointaines
posées à ses seuils au fil des ondes
Il s’épice de voix eau et soleil nappée de ciel
pour ses épousailles avec les replis de la terre
d’où s’en-gravident de sèves inaltérables
l’herbe vaste et les selvas temples solitaires
Il sait le menu voyage de l’eau en ravines
sans contrôle pour la soif humaine
Il sait l’œil mort d’une mare piétinée de bêtes
puis la chamaille d’enfants aux sources
…
En ce jour il fredonne versets de peuples oubliés
malgré les rumeurs de mers et continents traversés
À cheval sur deux siècles, Roger Parsemain investit la littérature par la poésie et la nouvelle.
Ancré dans sa ruralité franciscaine, ouvert aux influences de la Grande Caraïbe et de l’Amérique continentale, il fait entendre sa voix autonome.
Elle dit le monde, la destinée humaine et cette communauté des manmay Matinik qui s’est constituée en une aristocratie égalitaire des humbles fondée sur la grandeur d’âme, la générosité et la résistance.
Marins désarmés
En librairie le 12 mars 2026 – en précommande dès maintenant sur notre site.
Dans ces poèmes portuaires d’Alecia McKenzie, comme dans The Rime of the Ancient Mariner de Samuel Taylor Coleridge, il est un meurtre primordial qui fait de l’Atlantique un récit et du voyage une quête de rédemption. Des grands ports européens dont le passé sommeille dans l’oubli et les commémorations faciles, des vieilles routes maritimes empruntées à contresens surgissent ossements, râles et gémissements du fond de la cale. C’est la conscience des « albatrossés », la complainte des marins désarmés voguant d’une rive à l’autre à travers les siècles qui s’entremêle à la voix individuelle de la poète, à son expérience de l’exil, solitude emplie des proches que l’on emmène et des souvenirs que l’on emporte. Le livre est proposé dans un format bilingue qui permet de découvrir la prosodie originale de la version anglaise.
Et nous naviguions contre le vent,
dans la nuit éclairée par la lune,
pleurant nos proches laissés loin derrière,
déjà, plus aucune terre en vue,
j’ai regardé en bas et aperçu
juste sous la surface
les formes de tous ceux effacés
au cours des siècles de traversées,
capturés à jamais parmi
les remous et l’agitation qui fait vomir.
As we pushed against the wind,
sailing through the moonlit night,
mourning kin left far behind,
soon, no landmass in sight,
I gazed down and glimpsed
just beneath the surface
the shapes of those eclipsed
in centuries of earlier crossings,
captured forever amidst
the vomit-inducing tossing.
Née à Kingston, Alecia McKenzie est une écrivaine, éditrice et peintre jamaïcaine qui vit entre Bruxelles et Paris. Elle est l’autrice de plusieurs ouvrages primés, dont le roman Trésor qui a reçu le Prix Carbet des lycéens en 2017, et de nouvelles qui ont été publiées dans de nombreuses revues ou anthologies et traduites en plusieurs langues. Marins désarmés, paru à Lisbonne en version bilingue anglais/portugais en 2024, est son premier recueil de poésie.
UN MONUMENT DE LA LITTÉRATURE HAÏTIENNE
Ces îles qui marchent
Déjà en librairie et sur notre site.
Paru à Port-au-Prince en 1969, puis réédité en 1992 par les éditions Mémoire avant qu’elles ne déménagent au Québec et ne deviennent les éditions Mémoire d’encrier, Ces îles qui marchent est un long poème constitué de quatre chants.
Le premier est celui du retour du poète, « celui qui s’en alla un jour et puis est revenu » – à son île (malgré la dictature de Duvalier). Fête des retrouvailles qui devient épopée du peuple d’Haïti depuis le temps des caciquats taïnos jusqu’à la glorieuse indépendance, amour dit au pays et à son peuple, à l’île tout entière sur les deux bords de la frontière.
Le second est mémoire du voyage au « pays de haute neige, cette terre où pleurent les conifères sous la morsure des cieux en chaîne », lettre à une Hélène que le poète quitte « malgré les fastes de ses nuits », mots pour les amis restés sous le « grand soleil patibulaire ».
Le troisième chant est une ode à la Caraïbe, ensemble riche de sa nuée d’« îles nues », d’« îles exilées tam-tamant le ciel pour une quête d’ondée pure ».
Le quatrième et dernier chant est une envolée vers « le temps de la rosée chantante », une chanson par laquelle le poète célèbre sa terre et, à partir d’elle et avec elle, se projette vers les beaux lendemains :
« Ô terre ma terre […] je voudrais être l’homme de tes sauts
l’homme nouveau de tes gestes nouvelles
l’homme entier debout dans ta germination de bras
de projets de cœurs de pancartes »
L’ensemble forme une œuvre merveilleuse, foisonnante de procédés stylistiques, qui chante l’amour et la révolte, fait vœu d’abondance pour l’humanité, vœu de résurrection pour son île.
« C’est le plus beau cadeau que la Littérature a fait à Haïti. »
Membre fondateur du groupe Haïti littéraire, René Philoctète (1932-1995) fut également, avec Jean-Claude Fignolé et Frankétienne, le cofondateur du Spiralisme.
Auteur d’une vaste oeuvre poétique, de romans, de nouvelles et de pièces de théâtre, il est unanimement considéré comme l’un des écrivains majeurs de la littérature haïtienne du vingtième siècle.
Panoptica americana
Déjà en librairie et sur notre site.
15,00€
Trois chants parallèles sur les Amériques qui, ne se croisant jamais, intiment à la lecture de tracer son propre chemin d’un texte à l’autre, de construire comme bon lui semble des ponts aléatoires et mouvants entre eux.
Cantique hors du temps aux Orixás, carnet de voyage et histoire des projets de déportations intracontinentales ; Panoptica Americana tisse une poésie polyphonique où s’entremêlent le sacré et le profane, l’intime et le politique.
La parole poétique se penche sur ce qui passe et sur ce qui demeure de la violence de la colonisation comme de la beauté du monde.









