L’Hidalgo des campêches

 En librairie le 12 mai 2026.

13,00

Publié en 1987 par les éditions Hatier, dans la collection « Monde noir poche », épuisé depuis de longues années, L’Hidalgo des campêches est un long chant poétique divisé en une vingtaine de poèmes.
La poésie déploie en vers libres, parfois en prose, un imaginaire riche de toute la flore, de toute la faune, de toute la géographie de la Caraïbe. Imprégné de toutes ses musiques aussi ainsi que du créole et de l’espagnol qui viennent épauler la langue française.
Parsemain sème une parole merveilleuse où le divin se trouve dans la Nature et la noblesse dans le cœur de l’humanité modeste.
La présente réédition offre à de nouvelles générations de lecteur·rices le bonheur de lire un chef d’œuvre de la littérature caribéenne et mondiale dans une version remaniée par l’auteur.

Sera l’Hidalgo des campêches…
… celui qui possède tous les chevaux mais ne les compte pas

Ses chemins se perdent dans la craquelure du Sud,
au revers des mangroves et savanes sèches.

Ses palais de paille et rouillures bringuebalent au
gré des vents chroniqueurs du monde,

Vents d’effluves et rumeurs de rives lointaines
posées à ses seuils au fil des ondes

Il s’épice de voix eau et soleil nappée de ciel
pour ses épousailles avec les replis de la terre

d’où s’en-gravident de sèves inaltérables
l’herbe vaste et les selvas temples solitaires

Il sait le menu voyage de l’eau en ravines
sans contrôle pour la soif humaine

Il sait l’œil mort d’une mare piétinée de bêtes
puis la chamaille d’enfants aux sources

En ce jour il fredonne versets de peuples oubliés
malgré les rumeurs de mers et continents traversés

À cheval sur deux siècles, Roger Parsemain investit la littérature par la poésie et la nouvelle.
Ancré dans sa ruralité franciscaine, ouvert aux influences de la Grande Caraïbe et de l’Amérique continentale, il fait entendre sa voix autonome.
Elle dit le monde, la destinée humaine et cette communauté des manmay Matinik qui s’est constituée en une aristocratie égalitaire des humbles fondée sur la grandeur d’âme, la générosité et la résistance.

Marins désarmés

 En librairie le 12 mars 2026 – en précommande dès maintenant sur notre site.

10,00

Dans ces poèmes portuaires d’Alecia McKenzie, comme dans The Rime of the Ancient Mariner de Samuel Taylor Coleridge, il est un meurtre primordial qui fait de l’Atlantique un récit et du voyage une quête de rédemption. Des grands ports européens dont le passé sommeille dans l’oubli et les commémorations faciles, des vieilles routes maritimes empruntées à contresens surgissent ossements, râles et gémissements du fond de la cale. C’est la conscience des « albatrossés », la complainte des marins désarmés voguant d’une rive à l’autre à travers les siècles qui s’entremêle à la voix individuelle de la poète, à son expérience de l’exil, solitude emplie des proches que l’on emmène et des souvenirs que l’on emporte. Le livre est proposé dans un format bilingue qui permet de découvrir la prosodie originale de la version anglaise.

Et nous naviguions contre le vent,
dans la nuit éclairée par la lune,
pleurant nos proches laissés loin derrière,
déjà, plus aucune terre en vue,

j’ai regardé en bas et aperçu
juste sous la surface
les formes de tous ceux effacés
au cours des siècles de traversées,
capturés à jamais parmi
les remous et l’agitation qui fait vomir.

As we pushed against the wind,
sailing through the moonlit night,
mourning kin left far behind,
soon, no landmass in sight,

I gazed down and glimpsed
just beneath the surface
the shapes of those eclipsed
in centuries of earlier crossings,
captured forever amidst
the vomit-inducing tossing.

Née à Kingston, Alecia McKenzie est une écrivaine, éditrice et peintre jamaïcaine qui vit entre Bruxelles et Paris. Elle est l’autrice de plusieurs ouvrages primés, dont le roman Trésor qui a reçu le Prix Carbet des lycéens en 2017, et de nouvelles qui ont été publiées dans de nombreuses revues ou anthologies et traduites en plusieurs langues. Marins désarmés, paru à Lisbonne en version bilingue anglais/portugais en 2024, est son premier recueil de poésie.

UN MONUMENT DE LA LITTÉRATURE HAÏTIENNE

Ces îles qui marchent

 En librairie et sur notre site.

12,00

Paru à Port-au-Prince en 1969, puis réédité en 1992 par les éditions Mémoire avant qu’elles ne déménagent au Québec et ne deviennent les éditions Mémoire d’encrier, Ces îles qui marchent est un long poème constitué de quatre chants.

Le premier est celui du retour du poète, « celui qui s’en alla un jour et puis est revenu » – à son île (malgré la dictature de Duvalier). Fête des retrouvailles qui devient épopée du peuple d’Haïti depuis le temps des caciquats taïnos jusqu’à la glorieuse indépendance, amour dit au pays et à son peuple, à l’île tout entière sur les deux bords de la frontière.

Le second est mémoire du voyage au « pays de haute neige, cette terre où pleurent les conifères sous la morsure des cieux en chaîne », lettre à une Hélène que le poète quitte « malgré les fastes de ses nuits », mots pour les amis restés sous le « grand soleil patibulaire ».

Le troisième chant est une ode à la Caraïbe, ensemble riche de sa nuée d’« îles nues », d’« îles exilées tam-tamant le ciel pour une quête d’ondée pure ».

Le quatrième et dernier chant est une envolée vers « le temps de la rosée chantante », une chanson par laquelle le poète célèbre sa terre et, à partir d’elle et avec elle, se projette vers les beaux lendemains :

« Ô terre ma terre […] je voudrais être l’homme de tes sauts
l’homme nouveau de tes gestes nouvelles
l’homme entier debout dans ta germination de bras
de projets de cœurs de pancartes »

 

L’ensemble forme une œuvre merveilleuse, foisonnante de procédés stylistiques, qui chante l’amour et la révolte, fait vœu d’abondance pour l’humanité, vœu de résurrection pour son île.

« C’est le plus beau cadeau que la Littérature a fait à Haïti. »

Extrait de la préface de Lyonel Trouillot

Membre fondateur du groupe Haïti littéraire, René Philoctète (1932-1995) fut également, avec Jean-Claude Fignolé et Frankétienne, le cofondateur du Spiralisme.
Auteur d’une vaste oeuvre poétique, de romans, de nouvelles et de pièces de théâtre, il est unanimement considéré comme l’un des écrivains majeurs de la littérature haïtienne du vingtième siècle.

Panoptica americana

En librairie – Rencontres en Europe en février, avril et juillet 2026

 

 

15,00

Trois chants parallèles sur les Amériques qui, ne se croisant jamais, intiment à la lecture de tracer son propre chemin d’un texte à l’autre, de construire comme bon lui semble des ponts aléatoires et mouvants entre eux.
Cantique hors du temps aux Orixás, carnet de voyage et histoire des projets de déportations intracontinentales ; Panoptica Americana tisse une poésie polyphonique où s’entremêlent le sacré et le profane, l’intime et le politique.
La parole poétique se penche sur ce qui passe et sur ce qui demeure de la violence de la colonisation comme de la beauté du monde.

La Nuit juste avant le feu

Déjà en librairie et toujours en tournée

La Nuit juste avant le feu, c’est la longue et unique phrase du monologue délirant d’un type à la peau noire-bleue qui en hèle un autre dans la rue d’une grande ville d’Europe.
À partir de la pièce de Bernard-Marie Koltès, La Nuit juste avant les forêts (Éditions de Minuit, 1977), Olivier Marboeuf crée un autre texte dans lequel l’écho des révoltes passées enfante les insurrections futures. La prochaine fois, l’émeute.

«… nos monuments sont partout,
absolument partout,
au fond de la mer
et dans les quartiers sans lumière
où gémit le Rabòday,
sur les murs défoncés de Pointe-à-Pitre…
les femmes folles à la peau noircie de sucre
qui errent
en racontant des histoires à dormir debout
sur la savane de Fort-de-France,
ce sont nos monuments,
les vieilles transformées en loup-garou aussi,
les mecs en ruine, la peau brûlée par le sel,
qui répètent toujours le même poème,
ce sont nos monuments…»

10,00